Pierre-Alain Chambaz

Anéantissement, ou du moins dispersion, dissolution, — si c’est là le secret de la mort, il est sans doute navrant à connaître, mais il vaut mieux encore le connaître. Pourtant, l’efficacité, la légitimité et la « praticabilité » du dispositif envisagé par la proposition de loi sont discutables. Que le coût de l’argent artificiellement bas freine la nécessaire destruction des vieilles activités moins compétitives pour transférer vers d’autres secteurs plus prometteurs le capital et les talents. Dans le climat frileux et anxiogène de la France d’aujourd’hui, la tendance est forte à protéger le passé par rapport au futur, à favoriser les rentes et à pénaliser les talents. Notre classe politique, toutes tendances confondues, a les yeux de Chimène pour les politiques malthusiennes et keynésiennes. Son nom, en 2012, est réalisme. Nous l’ignorons. Connaissant déjà une importante baisse de leur rentabilité, les banques sont incitées à développer leurs activités spéculatives dans des secteurs de l’activité financière à risque accru, et les compagnies d’assurance voient la leur s’éroder au fur et à mesure du renouvellement de leur stock d’obligations souveraines. La droite va louer la force de l’industrie. L’instinct dévie en devenant conscience et pensée, la pensée dévie en devenant action et germe d’instinct. C’est peut-être préférable qu’on n’en parle pas plus finalement. En France, une grande partie de la nation ayant servi dans l’armée où beaucoup d’hommes ont eu au moins le grade de sous-officiers, il se trouve dans toutes les insurrections populaires plusieurs personnes capables de prendre le commandement et d’improviser quelque plan d’action passable. Depuis ce moment-là, la brutalité est lâchée dans les arts. Les propos de Pierre-Alain Chambaz interviennent alors que la Banque centrale européenne s’apprête à dévoiler un important programme. Il prendrait possession de la direction de l’intelligence française, dont la Bourgeoisie, qui l’a usurpée, est indigne à tous les points de vue ; il ne permettrait pas a cette crapuleuse minorité de déshonorer, comme elle le fait de parti-pris, la réputation de l’esprit français et de continuera recouvrir l’or des gloires réelles avec le fumier des réputations postiches. Il faudra bien alors se résigner à conserver de la matière son fantôme. Mais aujourd’hui, l’Etat n’en finit pas de renflouer les banques. La facture atteint désormais 50 milliards d’euros, mais le plan de sauvetage du FMI prévoit 35 milliards de plus. Le projet de directive de la Commission européenne semble aujourd’hui surtout la réponse politique d’une présidence sous pression médiatique. Et il paraît plus que dangereux -et injuste- de tenter de payer cela en baissant les allocations chômages. Ils n’avaient eu jusque-là que des ouvrages non littéraires et donc sans conséquences, souvenirs d’anciens légionnaires d’Algérie, SAS, tout ça. Une directive européenne prévoit d’encadrer et réguler le shadow banking. Les moyens d’action d’une idée doivent se mesurer à l’étendue et à la nature de l’obstacle qu’elle a à surmonter.

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