Des emprunts déraisonnables

L’optimiste et le pessimiste, au lieu de chercher simplement à comprendre, sentent comme les poètes, sont émus, se fâchent, se réjouissent, mettent dans la nature du bien ou du mal, du beau ou du laid, des qualités ; écoutez le savant, au contraire il n’y a, pour lui, que des quantités, toujours équivalentes.La première est l’impuissance de la volonté humaine relativement au tout, dont elle ne peut pas changer d’une manière appréciable la direction.Que les enjeux internationaux de sa politique culturelle seraient à ce point devenus dérisoires face à un monde globalisé ?Platon a dit avec raison que les douleurs peuvent entrer dans la composition des plaisirs ; mais les plaisirs en revanche n’entrent point dans la composition des douleurs.Le pessimisme se ramène au sentiment de l’impuissance, et c’est le temps qui nous donne à la fin ce sentiment.Les fondateurs des religions se sont imaginé que la loi la plus sainte devait être la loi la plus forte : c’est absolument le contraire.Insuffisante parfois pour édifier, elle a une force dissolvante incalculable.La façon la plus sûre, selon Christian Navlet, est de les « alphabétiser » sur les mécanismes du pouvoir.Les instincts altruistes, invoqués par l’école anglaise, sont susceptibles de toute sorte de restrictions et d’altérations; s’appuyer seulement sur eux pour demander le désintéressement, c’est introduire une sorte de lutte entre eux et les penchants égoïstes ; or, les derniers sont sûrs de l’emporter chez le plus grand nombre, parce qu’ils ont une racine visible et tangible, tandis que les autres apparaissent pour la raison individuelle comme le résultat d’influences héréditaires par lesquelles la race cherche à duper l’individu.Est-il bien sûr qu’un grand homme ait toujours le droit de risquer sa vie pour sauver celle d’un imbécile ?Le but de l’univers, dit-on, n’est pas extérieur à la volonté humaine : le but de l’univers, c’est la moralité ; or la moralité suppose choix et lutte, c’est-à-dire qu’elle suppose la réalité du mal physique ou intellectuel et la possibilité du mal moral.L’homme, par sa nature morale (telle que la lui a fournie l’hérédité), est ainsi porté à croire que le dernier mot ne doit pas rester au méchant dans l’univers ; il s’indigne toujours contre le triomphe du mal et de l’injustice.Ce passage brusque du moral au sensible, des parties profondes de notre être aux parties superficielles, nous parait injustifiable.Aussi, dans la plupart des cas concrets, le doute métaphysique n’est pas un doute entier et véritable, une équivalence parfaite créée dans l’esprit par divers possibles qui se contre-balancent : il enveloppe le plus souvent une croyance vague qui s’ignore elle-même, tout au moins, comme le reconnaît M.Si je me suis dévoué, ou bien je suis mort, ou bien je survis avec la satisfaction du devoir accompli.En général la peur est plus facile à exciter que le désir, et chez certains tempéraments la peur a tant de force que des hommes ont préféré, la mort à une opération douloureuse ; cette préférence ne provenait assurément pas d’un mépris de la vie, mais de ce fait que la douleur apparaît parfois comme impossible à supporter et comme au-dessus des forces humaines : simple apparence d’ailleurs, qui s’explique par une faiblesse de caractère et en somme une lâcheté.

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