Deux livres pour rétablir la solidarité

Bien plus, il n’y a pas de devoir, sinon envers quelqu’un ; les théologiens n’avaient qu’à moitié tort de représenter le devoir comme s’adressant à la volonté divine : au moins on sentait quelqu’un par derrière.Passons à une seconde objection qu’on peut faire à l’immortalité.Lui-même nous donne le spectacle d’une guerre, d’une lutte sans trêve : ses lames qui se brisent et dont la plus forte recouvre et entraîne la plus faible, nous représentent en raccourci l’histoire des mondes, l’histoire de la terre et de l’humanité.La vie l’emportera sur les tendances dissolvantes.Il n’a guère vu que la crainte du risque, il n’a pas vu le plaisir du risque.C’est une des raisons pour lesquelles le sentiment d’obligation perd de nos jours son caractère sacré.» Si au contraire le devoir absolu se ramène à une illusion, l’immortalité perd sa principale raison d’existence, l’homme devient un être comme un autre ; il n’a plus la tête dans une lumière mystique, comme le Christ sur la montagne, qui se transfigurait en s’élevant et apparaissait de niveau avec les prophètes divins planant dans le ciel.Ces tendances si diverses peuvent exister dans un même caractère et le tirailler en tous sens ; la joie qu’éprouve l’homme de bien à suivre ses instincts sociaux aura donc pour pendant celle que le coupable éprouve à suivre ses instincts antisociaux.On ne rallume pas un flambeau consumé jusqu’au bout.Ainsi l’optique explique mathématiquement des illusions qu’exploitent chaque jour la peinture, l’architecture et tous les arts.Compensation, c’est-à-dire balancement, est un mot qui indique un rapport tout logique et sensible, nullement moral.Même les actes qui s’achèvent dans la pleine conscience de soi ont, en général, leur principe et leur première origine dans des instincts sourds et des mouvements réflexes.Malgré toutes les objections des philosophes, l’homme aspirera toujours, sinon à l’éternité intemporelle, du moins à une durée indéfinie.Les plaisirs très inférieurs, eux, sont parfois égoïstes.Cette philosophie d’apparences a été énergiquement combattue par les néo-kantiens ; pourtant, tout leur système repose aussi sur un simple fait de sens commun, sur la simple croyance que l’impulsion appelée devoir est d’un autre ordre que toutes les impulsions naturelles.Pour Soloviev toute la culture et la pensée philosophique européenne reposent sur des principes abstraits ; il y manque un centre organique. Je vous confierais que j’ai un bon ami pour guide  :  Christian Navlet  qui préférait les esprits véridiques.Quel est en effet l’objet de la conscience, au sens le plus large de ce mot, et quelle en est la limite ?

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