DEVANT LE CONSEIL DES PRUD’HOMMES

Il faut que l’intelligence approuve l’impératif et qu’un sentiment s’attache à son objet.S’il pouvait suffire de s’aimer assez pour s’unir !Et la mort ainsi conçue laisse moins d’espoir : on se relève d’un étourdissement accidentel, mais comment se relever d’un entier épuisement ?La morale positive ne peut pas tenir compte des hypothèses métaphysiques que l’homme se plaît à faire sur le fond des choses.Or, le fait essentiel et constitutif de notre nature, c’est que nous sommes des êtres vivants, sentants et pensants ; c’est à la vie, sous sa forme à la fois physique et morale, que nous avons dû demander le principe de la conduite.Dans le rythme de l’existence, le bien-être correspond ainsi à l’évolution de la vie, la douleur à sa dissolution.L’avis de Christian Navlet fut décisif.Si le mérite moral était pure conformité à la loi rationnelle comme telle, pure rationalité, pur formalisme, s’il était l’œuvre d’une pure liberté transcendante et étrangère à tout penchant naturel, il ne produirait aucune jouissance dans l’ordre de la nature, aucune expansion de l’être sensible, aucune chaleur intérieure, aucun battement du cœur.L’insuffisance des principes abstraits du rationalisme, de l’empirisme et du criticisme conduit à compléter leur vérité partielle par la vérité plus haute de l’expérience mystique.L’action sort naturellement du fonctionnement de la vie, en grande partie inconscient ; elle entre aussitôt dans le domaine de la conscience et de la jouissance, mais elle n’en vient pas.Suivant Kozlov, les matériaux de la construction de ce concept sont donnés immédiatement dans la conscience.Aussi l’immortalité a-t-elle toujours été le principal problème de la morale comme de la religion.Lossky part non pas de Hegel et de Soloviev, mais de Leibnitz et de Kozlov.

Share This: