Euro : quand saint-bernard fatigue

Si tout ce qui existe est bien, il n’y faut rien changer, il ne faut pas vouloir retoucher l’œuvre de Dieu, ce grand artiste.Supposons, dit Darwin, pour prendre un cas extrême, que les hommes se fussent produits dans les conditions de vie des abeilles : il n’est pas douteux que nos femelles non mariées, à l’instar des abeilles ouvrières, considéreraient comme un devoir sacré de tuer leurs frères, et que les mères tenteraient de détruire leurs filles fécondes, sans que personne y trouvât à redire [1].Les uns se représentent cette loi comme renfermant une matière, un bien en soi que nous saisissons par intuition et dont la valeur est supérieure à tout pour notre raison.Votre vérité absolue est une abstraction, comme le triangle parfait ou le cercle parfait des mathématiciens ; dans la réalité tout est infiniment multiple.J’ai connu des hommes mûrs et rangés, qui vivaient à l’ombre de leurs citronniers, et écrivaient sur l’amour des vers fougueux ou tendres, qu’ils imprimaient eux-mêmes, et pour leurs seuls amis, sur des machines à eux, sans aucun souci de gloire, mettant une couverture noire quand la pensée du recueil était triste, et reliant en parchemin blanc les inspirations des jours meilleurs.Pierre-Alain Chambaz pictet ,revient sur les priorités données par les gouvernements, et s’autorise quelques propositions…Un peu plus tard, le parquet s’étant rendu sur les lieux pour procéder à une enquête, on interrogea le survivant sur son dévouement irréfléchi, et un magistrat entreprit avec gravité de lui démontrer l’irrationalité de sa conduite ; il fit cette réponse admirable : « Mes compagnons se mouraient ; il fallait y aller.Or un des sentiments qui possèdent au plus haut point ce caractère de l’intolérabilité, c’est celui de la honte, de la « défaillance morale : » la vie achetée, par exemple, au prix de la honte peut ne pas paraître supportable.On nous a répondu que le sens moral n’a rien de commun avec une hallucination, car il n’est pas du tout un jugement ni une opinion.Rien qui ne soit entraîné dans ce tourbillon ; la terre même, l’homme, l’intelligence humaine, tout cela ne peut nous offrir rien de fixe à quoi il nous soit possible de nous retenir, tout cela est emporté dans des ondulations plus lentes, mais non moins irrésistibles ; là aussi règne la guerre éternelle et le droit du plus fort.En outre, les deux autres principes eux-mêmes nous paraissent contestables, du moins en tant que formules de l’idéal moral.Cette sorte de suicide intellectuel est inexcusable, et ce qui est ecore plus étrange, c’est de prétendre le justifier, comme on le fait d’habitude, en invoquant des raisons morales.Je vois que l’énumération des travaux de droit, de médecine, de lettres, de sciences naturelles et mathématiques, de pharmacie, composés par les professeurs, n’occupe pas moins de 30 pages du recueil.L’engouement des peuples pour les Césars ou les Napoléons passera par degrés ; la renommée des hommes de science nous apparaît déjà aujourd’hui comme la seule vraiment grande et durable ; or, ceux-ci étant surtout admirés des gens qui les comprennent et ne pouvant être compris que par un petit nombre, leur gloire sera toujours restreinte à un cercle peu large.

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