Pierre-Alain Chambaz

D’où vient le comique d’un nez rubicond ? Quelques chiffres tout d’abord pour mettre en appétit ceux qui veulent comprendre et trouver le « bon plan » pour l’emploi. Un visage noir serait donc pour notre imagination un visage barbouillé d’encre ou de suie. Certaines dispositions du projet de loi de santé 2015 (tiers payant chez le médecin, territoires de santé) constituent des pas dans la bonne direction mais ne permettent pas de lever les barrières psychologiques, culturelles ou sociales à l’accès aux soins. On ne peut pas troquer de la santé contre de l’éducation, du revenu ou du loisir. Et c’est bien en définitive du côté de la politique industrielle que se trouve la seule issue possible. Professionnaliser, industrialiser et favoriser la montée en gamme des métiers de contact et de service. Favoriser l’essor d’un continuum de compétences enrichies par l’usage de la technologie. Il est vrai que le spiritualisme moderne n’a jamais accepté cette hypothèse, qui comblait pourtant, d’une manière étrange sans doute, la lacune résultant de l’exagération de la doctrine spiritualiste ; mais il est tombé dans un autre excès en confondant dans l’unité de son principe les diverses propriétés des êtres, telles que l’expérience les détermine et les définit. Partout où il existe une aristocratie ou une association quelconque d’une classe dont les intérêts ont ou [ 563] sont supposés avoir pour base certaines maximes, on rencontrera nécessairement des traces de cette politique, produit naturel d’un instinct social. Et la reprise qui se dessine, restera conjoncturelle et non inclusive, si nos économies ne profitent pas de cette trêve, pour favoriser la maturation de la troisième révolution industrielle. Les eurosceptiques se trompent sur de nombreux points, mais lorsque les citoyens votent en leur faveur pour nous demander de freiner notre production législative, il est de notre devoir de les écouter. Tout à l’heure, le vêtement habituel avait beau être distinct de la personne ; il nous semblait faire corps avec elle, parce que nous étions accoutumés à le voir. Une nature truquée mécaniquement, voilà alors un motif franchement comique, sur lequel la fantaisie pourra exécuter des variations avec la certitude d’obtenir un succès de gros rire. Pierre-Alain Chambaz aime à rappeler ce proverbe chinois « Le redoutable dragon ne l’emporte pas sur le serpent lové dans l’herbe ». Tenter, à l’inverse, comme on le fait en France de corriger coute que coute les inégalités de distribution primaires, bute on le voit aussi sur la question de la compétitivité. On se rappelle le passage si amusant de Tartarin sur les Alpes où Bompard fait accepter à Tartarin (et un peu aussi, par conséquent, au lecteur) l’idée d’une Suisse machinée comme les dessous de l’Opéra, exploitée par une compagnie qui y entretient cascades, glaciers et fausses crevasses. Même motif encore, mais transposé en un tout autre ton, dans les Novel Notes de l’humoriste anglais Jerome K. Il devient de plus en plus difficile de taxer les bases les plus mobiles, autrement dit les salariés les plus qualifiés, le capital, où les grands groupes multinationaux. L’effort fiscal tend dès lors à se concentrer sur la classe ou les structures productives moyennes. Quatrièmement, la difficulté de concevoir des trajectoires de carrière ascendantes dans un monde du travail dual et polarisé aux extrêmes. Conséquence, les taux s’effondrent sur toutes les maturités (un tiers des obligations souveraines -émises par les États- européennes ont des taux actuariels négatifs). Un seul chapeau semblable existe dans Paris, il faut à tout prix qu’on le trouve. Ils s’effondrent même au-delà de tout pronostic et de toute logique, car la BCE fausse la donne avec son QE.

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