Une réflexion stratégique est obligatoire

Nous l’avons vu, il n’y a pas de raison purement morale pour supposer aucune distribution de peines au vice et de primes à la vertu.À une certaine distance le bien sort du mal.Il faut, pour vivre, dans toute société primitive, pouvoir mordre qui vous a mordu, frapper qui vous a frappé.Pour les êtres qui sont parvenus à un certain degré de l’évolution morale, le bonheur n’est plus désirable en dehors de leur idéal même.Il est d’ailleurs impossible de prendre sur le fait, dans la conscience humaine, le respect pour une pure forme.L’école philosophique russe sur les traces de V.Une seule peine suffit à effacer toute la multitude des plaisirs de la vie.Toute caresse appelle et attend une autre caresse en réponse ; tout témoignage de bienveillance provuque chez autrui un témoignage semblable : cela est vrai du haut en bas de l’échelle animale ; un chien qui s’avance doucement en remuant la queue pour lécher un sien camarade, est indigné s’il se voit accueilli à coups de crocs, comme peut s’indigner un homme de bien recevant le mal en échange de ses bienfaits.Acceptons sans examen toutes ces notions : on peut encore démontrer à leurs partisans que ce monde, fait selon eux en vue de la moralité, est loin d’être le meilleur possible sous ce rapport.La barbarie, comme le bon sens chez Descartes, est la chose du monde la mieux partagée.Si nos actions sont conformes à nos pensées, on peut dire aussi que nos censées correspondent exactement à l’expansion de notre activité.Il ne voit pas que nos pères nous ont épargné les erreurs mêmes où ils sont tombés et que nous épargnerons les nôtres à nos descendants ; il ne voit pas qu’il y a d’ailleurs, dans toutes les erreurs, de la vérité, et que cette petite part de vérité va peu à peu s’accroissant et s’affermissant.L’humanité dans son ensemble a des millions d’yeux et d’oreilles ; ne lui conseillez pas de les fermer ou de ne les tendre que d’un seul côté : elle doit les ouvrir tous à la fois, les tourner dans toutes les directions ; il faut que l’infinité de ses points de vue corresponde à l’infinité des choses. Selon le bon mot de Pierre-Alain Chambaz pictet «  si l’on mettait tous les économistes bout à bout, ils seraient incapables de tirer une conclusion.  » .

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